1 date à venir

Du 13 septembre au 3 décembre (mercredi au samedi à 21h15, le dimanche à 17h)

Théâtre de Belleville

Paris (75)

SWANN S'INCLINA POLIMENT

D'après Marcel Proust - Adaptation et mise en scène Nicolas Kerszenbaum (Cie franchement, tu)

Distribution et équipe artistique

Avec Sabrina Baldassarra, Marik Renner et (en alternance) Gautier Boxebeld ou Thomas Laroppe

D'après Marcel Proust
Adaptation et mise en scène Nicolas Kerszenbaum
Assisté de Gautier Boxebeld et Emmanuelle Peron

Composition musicale Guillaume Léglise 
Musiciens Guillaume Léglise et Jérôme Castel 
Création lumières Nicolas Galland 
Scénographie Louise Sari
Régie générale et son Laurent Legall 

Production Compagnie franchement, tu, Les Tréteaux de France – Centre Dramatique National, Le Théâtre de Belleville, Le Moulin du Roc – Scène Nationale à Niort, Le Théâtre du Chevalet – Scène Conventionnée de Noyon 

Ce spectacle est lauréat de l’Aide à la création de textes dramatiques – ARTCENA, il a bénéficié de l’aide de la DRAC Hauts-de-France au titre de l’aide à la production dramatique et de l’aide à la résidence, et de l’aide de la Région Hauts-de-France et du Conseil Départemental de l’Oise au titre de l’aide à la résidence.
Avec le soutien de la Chartreuse - CNES, de la Maison de la Culture d’Amiens, de la Maison des Métallos, du Nouveau Théâtre de Montreuil, de l’Ambassade de France à Cuba 

Résumé

CREATION

DU 13 SEPTEMBRE AU 3 DÉCEMBRE
du mercredi au samedi à 21H15, le dimanche à 17H 

THÉÂTRE DE BELLEVILLE www.theatredebelleville.com
Réservations 01 48 06 72 34 • reservations@theatredebelleville.com
Tarif à 10€ (au lieu de 25€) avec le code promo "TRETEAUX"

94 rue du Faubourg du Temple, 75011 Paris Métro Goncourt (L11) ou Belleville (L2 ou 11) Bus 46 ou 75 

Production Compagnie franchement, tu, Les Tréteaux de France – Centre Dramatique National, Le Théâtre de Belleville, Le Moulin du Roc – Scène Nationale à Niort, Le Théâtre du Chevalet – Scène Conventionnée de Noyon 

Ce spectacle est lauréat de l’Aide à la création de textes dramatiques – ARTCENA, il a bénéficié de l’aide de la DRAC Hauts-de-France au titre de l’aide à la production dramatique et de l’aide à la résidence, et de l’aide de la Région Hauts-de-France et du Conseil Départemental de l’Oise au titre de l’aide à la résidence.
Avec le soutien de la Chartreuse - CNES, de la Maison de la Culture d’Amiens, de la Maison des Métallos, du Nouveau Théâtre de Montreuil, de l’Ambassade de France à Cuba 

 

 

Variation pour notre temps autour de l'oeuvre de Proust : description au scalpel de la passion de Swann pour Odette et tableau d'ascensions sociales impitoyables, où les capitaux sexuels, artistiques et culturels se métamorphosent en dominations mondaines et mannes financières. 

 

Biographie du metteur en scène

Nicolas Kerszenbaum
Diplômé d’un double cursus d’Economie (ESSEC) et de cinq ans d’Études Théâtrales, il commence à travailler comme assistant à la mise en scène de Peter Sellars, des Mabou Mines (New York), de Christian Von Treskow (Wuppertal), d’Irène Bonnaud, de La revue Eclair. Metteur en scène et auteur, il fonde ensuite en 2005 la compagnie franchement, tu, avec laquelle il monte une quinzaine de spectacles, lectures, performances. Il adapte également des textes non théâtraux, romanesques (Grisélidis Réal, Vincent Message), poétiques (Luc Boltanski, Bernard Noël) ou théoriques (Jeanne Favret-Saada).

Il est lauréat 2015 de la Villa Médicis Hors les Murs de l’Institut Français pour son projet D’amour et d’eau fraîche. Il est lauréat 2016 Artcena pour les dramaturgies plurielles. Avec la romancière Cloé Korman, il développe en 2017 pour Arte la série télévisée Cardio. Il présente à Avignon off 2017 le spectacle Défaite des Maîtres et Possesseurs, adaptation du roman éponyme de Vincent Message, et participe à la mise en scène de L’Enfance à l’œuvre, avec Robin Renucci et Nicolas Stavy, présenté dans le In du festival d’Avignon 2017. 

Note d'intention

Dans Un amour de Swann, le richissime Swann, fils de financier, juif, est accueilli avec respect et exaltation dans les plus hautes sphères de la société de la Belle Epoque ; il décide, par un geste volontaire, de renouer avec son passé d’artiste, en se forçant à aimer la jeune Odette de Crécy. D’Odette, on ne sait pas grand chose, si ce n’est qu’elle est un peu plus qu’une prostituée, beaucoup moins qu’une grande dame, qu’elle n’est pas intelligente, et surtout loin du genre que Swann a coutume d’aimer.

Mais pourtant, de l’amour, il sera question.
Un amour de Swann en est le récit, dont les motifs s’entrelacent avec les boucles musicales de la sonate de Vinteuil – cette musique imaginée par Proust qui offre à Swann d’abord l’envie d’être amoureux, lui révèle ensuite le danger de l’amour, lui découvre enfin l’impasse à laquelle sa passion pour Odette le mène. Dès lors, Un amour de Swann se lit comme l’histoire d’un amour malheureux qui préfigure une révélation, celle que l’examen de notre vie, même cruelle, nous permet d’appréhender l’essence de la condition humaine.

On peut pourtant enrichir le roman d’une autre lecture. Un amour de Swann se situe, sociologiquement, à la croisée de deux classes : l’aristocratie et la haute bourgeoisie.

Au moment où la première, certaine de garder sa primauté, s’en va inconsciemment laisser définitivement sa place à la seconde. Le cadre historique ? Celui de la Belle Époque. Soit une société où les revenus du capital sont presque égaux à ceux du travail ; où le simple labeur ne permet pas de bien gagner sa vie, et où un patrimoine qu’on saura faire fructifier est le seul garant d’une vie confortable.

Le monde de Proust est un monde de classes, hermétiquement closes. L’ascension sociale ne s’y produit pas. Ou seulement par trois moyens : la mondanité, l’art et le mariage.

Dans Un amour de Swann, Proust initie, derrière l’histoire d’amour, la trajectoire de trois êtres qui décident, seuls, de réussir. Et qui vont atteindre, puis renverser la société toute puissante qu’ils convoitent. 

Et ces deux pans – la peinture amoureuse et la description d’une société – nous intéressent aujourd’hui au plus haut point : dans Le capital au XXIème siècle, Piketty montre comment notre système s’apparente à celui de la Belle Epoque – étanchéité des structures de classes, primauté des revenus du capital sur ceux du travail. Et comment donc la société proustienne, dépourvue de tout point de fuite politique, est, sur de nombreux points, semblable à la nôtre.

Un amour de Swann est le manuel contemporain et amoureux de nos ascensions sociales.