3 dates à venir

samedi 10 juin à 14h30

Festival "Molière le théâtre dans tous ses éclats"

Pézenas (34)

samedi 1er juillet

Brangues

38000 (Br)

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De la vocation...

D'Evelyne Loew - Direction artistique et Mise en scène de Nicolas Kerszenbaum et Robin Renucci / Création juin 2017

Distribution et équipe artistique

avec Sylvain Méallet et Chani Sabaty

Texte d'Evelyne Loew
Direction artistique et Mise en scène de Nicolas Kerszenbaum et Robin Renucci
Prodcution Tréteaux de France - Centre dramatique national

Diffusion du Spectacle Contact 
Maud Desbordes
01 55 89 12 58 – 06 82 57 50 36 – maud.desbordes@treteauxdefrance.com

 

 

Résumé

Comment naît une vocation ? Comment s’exprime-t-elle ? Comment la soutenir, la faire aboutir, y travailler ?
Inspiré de textes dramatiques et littéraires, de témoignages de personnalités très diverses − médecins, chercheurs, peintres, chef cuisinier... le texte conduit le spectateur à partager ses expériences et interrogations sur ce qui l’a porté.  

Conçu pour être joué partout et s’installer très vite, De la Vocation est une pièce pour deux comédiens, sans décor, dans un rapport de grande proximité au public.  
Pensé pour aller à la rencontre de tous, ce specatcle ouvre une réflexion sur le thème de la vocation, notamment avec les élèves des classes de collèges ou de lycées.
Ce rapport direct, imaginé dès l’écriture d’Évelyne Loew, se prolonge d’un débat où tous les sujets sont possibles : vocation, contraintes sociales, éducation, apprentissage.... 

Des actions artistiques sont porposées en accompagnement de ce spectacle, à partir du recueil de textes d'Evelyne Loew sur la thématique de la vocation. 

 

Biographie de l'auteur

Evelyne Loew 

Née le 7 novembre 1952, Évelyne Loew a fait Hypokhâgne au lycée Fénelon à Paris. Elle travaille ensuite comme perforatrice dans la métallurgie, syndicaliste, militante culturelle, ensuite elle réussit le concours de l’Inspection du Travail, et est en poste en terrain dans le 93. À partir de 1977 et jusqu’en 2002, elle partage toute l’aventure du Théâtre du Campagnol - SCOOP, d’abord Compagnie, puis Centre Dramatique National de la banlieue Sud, basé successivement au Théâtre du Soleil (Cartoucherie), à La Piscine de Châtenay-Malabry, à Corbeil-Essonnes, à la Grande Halle de La Villette, et enfin à Arcueil. Assistante à la mise en scène de Jean-Claude Penchenat sur 60 spectacles, adjointe de direction, dramaturge, responsable des relations avec le public. Co-auteure des créations collectives. Elle a participé à l’organisation et à la direction artistique de nombreux grands projets fédératifs : Les dimanches (avec La Coupole-Melun-Sénart), Goldoni européen, La parade de Paris Quartier d’été. En 2003 elle organise le passage de relais du Centre Dramatique National de la banlieue Sud au Théâtre des Quartiers d’Ivry. En dehors de l’écriture au sein de la troupe du Campagnol, elle a écrit des pièces pour des compagnies. Ses pièces sont éditées par Actes Sud-Papiers, Mille Univers, Champtin, Lansman, L’Amandier, Les Monuments nationaux. Depuis 2009 elle se consacre uniquement à l’écriture. Les textes les plus récents : Le projet RW (Collectif Quatre Ailes), en tournée en 2012-13

Biographie du metteur en scène

Nicolas Kerszenbaum 

Après des études d’économie à l’ESSEC et cinq ans d’Études Théâtrales à Nanterre, il se forme en travaillant comme assistant à la mise en scène de Peter Sellars, des Mabou Mines (New York), de Christian Von Treskow (Wuppertal), d’Irène Bonnaud, de La revue Eclair. Metteur en scène et auteur, il fonde en 2005 la compagnie Franchement, tu, basée en Hauts- de-France, avec laquelle il monte une dizaine de spectacles, lectures, performances : entre autres, Soyons Oublieux des Désirs d’Autrui (une série théâtrale et musicale de 12 heures présentée au TGP et au Théâtre de l’Aquarium), Le lait et le miel (d’après trois mois passés dans des kibboutzim israéliens), Nouveau Héros (une relecture du mythe d’Hercule d’après des entretiens sur le genre menés en banlieue nord parisienne, jouée plus de 150 fois). Artiste associé à la Scène Nationale de Niort et la Scène Conventionnée de Noyon, il présentera en 2017 Swann s’inclina poliment (une adaptation d’Un amour de Swann passée au tamis de la lutte des classes, lauréat Artcéna 2016) et une version théâtrale de Défaite des Maîtres et Possesseurs, le roman de Vincent Message, Prix du Livre Orange 2016. Il est lauréat 2015 de la Bourse Hors les Murs de l’Institut Français. Avec la romancière Cloé Korman, il co-écrit pour Arte la série télévisée Cardio (développement en 2017). 

Note d'intention

«- J’ai toujours eu envie de...!» «− Ah, tu as la vocation, toi !»

Il y eut des admirations, des désirs, des choix, des rencontres, des révoltes et les choses se sont nouées mystérieusement, créant un carrefour profond, tout au fond de l’être. Des forces se sont rencontrées. Elles ont créé une dynamique. La vocation, c’est une force de propulsion. Tout enfant a des désirs, le plus souvent généreux, inventifs, coopératifs : je veux être pompier, conduire un train, m’occuper des animaux, raconter des histoires, savoir tout réparer, inventer... Et après? Rien sans un grand travail.

Les forces intriquées en latence peuvent faire éclore de belles choses, à n’importe quel âge, avec de l’entraînement.

Une opportunité, un environnement, un encouragement, un déclic peuvent lever la dormance, comme on le dit des graines. Marcel Proust, par exemple, était un enfant très observateur, d’une exceptionnelle sensibilité, puis il devint un chroniqueur d’art exquis, mais sans une mise à l’écart due à la maladie, il n’aurait jamais fait partager ces remarquables facultés au-delà d’un cercle de relations mondaines. La Recherche du Temps Perdu, ou l’histoire de la lente, très lente, et tardive, mise en action d’une vocation.

La société, le contexte historique, le sexe, les soucis, les problèmes d’argent, la brièveté même de la vie, tout semble faire obstacle à la vocation. Il est fort curieux − et encourageant ! − de voir comment, souvent, ce sont ces mêmes obstacles, retournés, surmontés, qui deviennent des forces motrices.

Oui, le destin pèse d’un bon poids, d’un poids de plomb, mais la vocation, légère, ailée, dynamique, permet de lui échapper.

Et puis, il faut aimer avec passion. Un homme, une femme, un enfant, des enfants, des hommes, des femmes, des amis, des compagnons, un métier, une action collective. Se passionner pour la civilisation des Mayas ou de l’Égypte ancienne, les papillons ou les moteurs d’avions, la fabrication du pain ou du chocolat, la vie des éléphants ou des moustiques, la cuisine ou la médecine, la chimie ou la poésie, le voilier ou le tramway...

Aimer avec passion, avec conscience, avec empathie, avec ouverture et curiosité. Comprendre, étudier, travailler, chercher. Des forces souterraines se combineront alors pour mener, comme par enchantement, au bon endroit, au bon moment et faire se croiser une passion dominante avec d’autres. Des rencontres décisives se font, pour finalement, après avoir appris, intégré les savoirs et les expériences, pouvoir les dépasser et faire un apport que personne d’autre n’aurait pu, n’aurait su faire : avoir accompli sa vocation, une et originale, la sienne propre, à quelque échelle que ce soit.

Maintenant, comment rendre toutes ces réflexions théâtrales ?
Probablement en racontant et en mettant en jeu sous forme de récit dialogué trois ou quatre parcours de vie qui susciteraient l’étonnement, l’amusement, l’admiration, et montreraient comment se nouent des forces diverses et inattendues pour un accomplissement, dans un métier ou hors d’un métier. Un accomplissement qui fera dire : c’est une vocation. Comme dit Robin Renucci dans son autobiographie, montrer «des hasards qui n’en sont pas». Evelyne Loew