Médias

La Leçon

d'Eugène Ionesco - Mise en scène de Christian Schiaretti / Création 2014

Distribution et équipe artistique

  

Avec Robin Renucci en alternance avec René Loyon (Le professeur) ; Jeanne Brouaye (L'élève) ; Yves Bressiant (La bonne) 

Scénographie et accessoires : Samuel Poncet

Costumes : Thibaut Welchlin

Lumières : Julia Grand

Maquillage/Coiffure : Romain Marietti et Julie Brenot

Assistante mise en scène : Joséphine Chaffin

Une création en co-production Tréteaux de France - direction Robin Renucci et Théâtre National Populaire - direction Christian Schiaretti, Centres Dramatiques Nationaux.

Résumé

« Le doctorat total ?... Vous avez beaucoup de courage Mademoiselle... »

 

Diffusion du Spectacle Contact 

Maud Desbordes

01 55 89 12 58 – 06 82 57 50 36 – maud.desbordes@treteauxdefrance.com

 

Edouard Chapot

01 55 89 12 65 – 06 33 10 75 54 – edouard.chapot@treteauxdefrance.com

 

 

Cette leçon se donne à trois : un professeur d’allure classique, une élève docile, une bonne rigoureuse et austère. Rendez-vous est pris, chez le professeur, pour préparer « mademoiselle » au « doctorat total ». La progression du savoir sera méthodique : géographie, arithmétique, linguistique et philologie. Au départ, les échanges respectent le strict cadre des codes sociaux. Il y a la timidité du professeur, la naïveté de l’élève et les interventions intempestives et inquiétantes de la bonne. C’est par le langage que tout va basculer, s’affoler. Le professeur s’empare peu à peu de la parole et la leçon prend un tour magistral et sadique. Son objet se fait de plus en plus improbable. Les mots s’animent alors en séries obsédantes, se répètent jusqu’au mot de la fin, qui apparaît alors comme l’instrument d’un crime imaginaire perpétré sur scène : « Dites : couteau... cou... teau... couteau... cou... teau... ». Dans ce drame comique, le langage est comme un terrain miné qui, sous ses apparences de convention et d’échange, devient l’arme abstraite d’un asservissement. Si la leçon ne nous enseigne rien, elle fait plus essentiel : elle nous met en éveil.

 

Note d’intention de Christian Schiaretti

«Dans la reconnaissance d’un savoir et d’un non savoir - donc dans la reconnaissance de la transmission - il y a un ferment qui est spirituel et qui, au fond, s’est affadi, affaibli dans notre monde commerçant. Nous sommes trop souvent dans une rentabilité à court terme. On évalue, on contrôle, on quantifie, on essaie de se rassurer et de se donner des quotas vérifiables. En fait il y a bien d’autres choses dans la transmission, et tout d’abord le rapport à l’effort.

Le théâtre est justement le lieu où l’on vérifie la réalité de cette perte.

Un des enjeux de cette mise en scène va être de réfléchir à tout cela. Pas pour l’exprimer directement car l’œuvre n’est pas faite pour cela. Elle est ludique. Elle ne peut pas, ne doit pas supporter le poids de toutes ces interrogations, elle les appelle simplement en écho.

Pour ma part je suis d’ailleurs plus sensible à l’humour sur les mathématiques que sur la linguistique. Ionesco était parti des manuels de sa fille et c’est ce fonds  d’enfance, commun à tous, qui nous fait toujours rire. C’est une autre des dimensions de la pièce, et non la moindre. Ionesco veut être drôle et il l’est. Il l’est toujours.» Christian Schiaretti

 

Note d’intention de Robin Renucci

Mettre chaque spectateur en capacité de penser par soi-même et de se construire singulièrement est un enjeu fondamental pour l'acteur. Les Tréteaux de France ont ainsi placé au cœur de leur projet la question de l'émancipation et de l’emprise des cerveaux : de la manipulation de Ruy Blas par Don Salluste à l'enfermement physique et moral d'Agnès par Arnolphe dans L’Ecole des femmes, en passant par les rapports de domination de classe et de genre entre Jean et Mademoiselle Julie. La Leçon de Ionesco en cristallise les enjeux politique, philosophique et éducatif. Cette fable pousse la logique de l'injonction à son paroxysme.

 

Biographie de l'auteur

Eugène Ionesco (1912-1994) se fait connaître en 1950 lors de la présentation de La Cantatrice chauve. Cette pièce consterne le public et la critique mais ne passera pas inaperçue auprès d’André Breton et Raymond Queneau. L’auteur veut créer un théâtre d’avant-garde qui accueille la contradiction : avec son antithéâtre, ses « drames comiques » et ses « farces tragiques », Ionesco bouleverse le paysage littéraire et son œuvre prolifique n’exclut aucun genre. Parmi ses ouvrages les plus célèbres, citons La Leçon (1950), Les Chaises (1952), Rhinocéros (1959), Le Roi se meurt (1962), Notes et contre-notes (1962), La Soif et la faim (1964) ou encore Macbeth (1972). Eugène Ionesco a été le premier auteur à être publié de son vivant à la Pléiade.